Le consentement à la barre
Le lundi 13/04/2026 matin, au lycée professionnel Gaston-Darboux, des élèves ont rejoué un procès autour de la notion de consentement.
Une audience fictive mais un enjeu bien réel : comprendre la loi et prévenir les violences.
Ce matin là, le lycée professionnel Gaston-Darboux s’est transformée en tribunal. À la barre, une victime, trois prévenus, des témoins. À leurs côtés, des avocats, une procureure, une présidente… Un procès fictif, imaginé et interprété par des élèves du lycée professionnel Gaston-Darboux, pour interroger une notion au cœur de l’actualité judiciaire et sociétale : le consentement.
L’initiative s’inscrit dans le cadre de la Semaine de la citoyenneté et du programme Evar-s : éducation à la vie affective et relationnelle et à la sexualité. Trois classes étaient réunies pour assister à cette audience pédagogique, organisée en présence d’Abdelkrim GRINI, procureur de la République d’Alès, de la procureure adjointe de Nîmes et d’Arthur MOREL, avocat au barreau de Nîmes.
Y avait-il consentement ?
Le scénario, écrit par les élèves avec l’appui de leurs enseignants, prend place lors d’une soirée entre amis. Un jeu « action ou vérité » s’installe. Jusqu’ici anodin, le jeu bascule lorsqu’à l’occasion d’un « gage », un jeune homme touche la poitrine d’une camarade et un autre l’embrasse de force. Une troisième élève est également poursuivie pour avoir filmé la scène et diffusé les images. Toute la question posée au tribunal fictif tient en quelques mots : y avait-il consentement ?
La victime a-t-elle dit oui ? A-t-elle dit non ? Si elle n’a rien dit, cela vaut-il acceptation ? Autant d’interrogations qui traversent régulièrement les prétoires et qui résonnent fortement dans le débat public, notamment à l’aune de procès médiatisés, à l’image du procès Pélicot, « l’affaire des viols de Mazan ».
Dans la salle, les élèves jouent donc tour à tour les rôles de la défense, de la partie civile ou du ministère public. Les échanges sont parfois hésitants et c’est normal : l’exercice ne repose pas sur un texte appris par cœur. « Nous avons posé un cadre pour construire le scénario, mais je ne voulais pas qu’ils récitent. Je voulais qu’ils répondent avec leurs mots, spontanément », explique Abdlouhab ALILI, enseignant en économie-gestion, très impliqué dans la vie de l’établissement. « Cela permet de voir le rapport que chacun entretient avec la notion de consentement, la définition qu’ils en donnent… »
Pour Abdelkrim GRINI, procureur de la République d’Alès, la démarche relève avant tout de la prévention. « L’objectif est d’attirer l’attention des élèves sur des thématiques importantes. L’an dernier, nous avions travaillé sur le harcèlement scolaire. Cette année, nous abordons le consentement. C’est une notion centrale, notamment dans des relations qui peuvent parfois dégénérer en agressions à caractère sexuel. »
Le magistrat insiste également sur la portée concrète de l’initiative : « Il s’agit d’alerter ce jeune public pour éviter que certaines situations ne dégénèrent et ne conduisent des jeunes devant un tribunal. C’est aussi l’occasion de rappeler que derrière ces affaires, il y a des victimes. »
Au delà de la réflexion sur la notion de consentement, c’est aussi l’occasion pour les lycéens de se familiariser avec le système judiciaire. En reconstituant les codes et le fonctionnement de la justice, les lycéens découvrent en effet les rouages d’une institution souvent perçue comme complexe.
À l’issue du procès fictif, un temps d’échanges a été organisé entre les élèves, les enseignants et les professionnels du droit présents. L’occasion d’apporter des précisions et de revenir sur les notions abordées et de prolonger ainsi la réflexion engagée durant l’audience.
Source et crédit photos de l'article : Le Réveil du Midi
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RADIO NÎMES - REPORTAGE SUR LE PROCÈS FICTIF SUR LA NOTION DU CONSENTEMENT - L'édito de SidneyDans son édito ou plutôt son reportage, Sidney nous parle du procès fictif sur la notion du consentement. Il a eu lieu lundi 13 avril de 9H à 12H au Lycée Gaston Darboux à Nîmes en présence notamment de la vice-procureure de la République de Nîmes, Nathalie WELTE, du Procureur de la République d'Alès, Abdelkrim GRINI, de la représentante de l’Inspectrice de l'Éducation Nationale en charge du carré régalien à la Direction des services départementaux de l'Éducation Nationale ou DSDEN, Anne BREYSSE et de la proviseure adjointe du lycée, Anne-Lise-Marie SAINTE-CROIX. Sidney raconte notamment le déroulement du procès et s'il a changé la vision du consentement pour les élèves. |
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